Unité
Mai 2002
Dans un hôpital proche de Paris, j’occupe une chambre depuis plusieurs jours, je suis allongé sur mon lit et je viens d’éteindre le téléviseur tandis qu'un profond sentiment de tristesse m'envahit. Je viens de regarder un documentaire qui s’est terminé sur l’image d’un homme, de dos, se tenant face à l’immensité d’un paysage sublime et vierge de toute présence humaine.
Triste ? Oui.
Je me demandais à quoi pensait cet homme au moment où il a pu contempler cette beauté et le dernier commentaire de cette émission fait état de l’urgence à reconsidérer notre relation à la nature. Ma tristesse se transforme en mélancolie .
Alors comme « aidé » par la faiblesse de mon corps qui vient de traverser quelques phases critiques, je me laisse aller, je me relâche et je ne sais pourquoi, à voix basse je pose des questions : pourquoi cette acharnement à tout détruire au nom de profits éphémère et illusoires, comment nous, humains, avons-nous pu en arriver là ? Un flot de questions qui reflètent mon inquiétude et mon incompréhension quant à l’espèce dont je fais partie mais dans laquelle je ne trouve pas ma place. Un flot de questions auxquelles pourtant je n’attends pas de réponses. Et contre toute attente, ces réponses me sont offertes d’une façon surprenante.
Je sens une énergie douce et apaisante prendre place en moi, en mon corps, chassant de moi ces sentiments partagés de tristesse et de colère. Une Présence bienveillante, remplie d’Amour et de sagesse m’enveloppe et commence à me relater notre histoire :
« Au début des temps nous étions UN. Nous étions UN et vous demeuriez en mon sein. En moi qui ne suis ni homme ni femme et encore moins humain mais pur Esprit. Et vous étiez en moi et moi j’étais en vous. Et vous étiez en moi, vous, ni mâles ni femelles et pas encore humains mais esprits venants de l’Esprit. Et vous étiez en moi et moi je demeurais en vous.
Et ainsi que les choses devaient être, je vous ai donné le pouvoir de créer des royaumes de l’esprit, pour l’esprit, dans la continuité de ma création.
Puis vint le temps où une maladie vous gagna, un poison obscurcissant peu à peu vos consciences, votre vision, vous faisant peu à peu perdre vos repères et votre identité. Un poison qui fit naître le doute, la peur, et en vous l’illusion de la séparation.
Et ainsi que les choses devaient êtres, je vous avais donné le pouvoir de choisir et certains ont choisi.
Et ainsi que les choses doivent être, je demeure en vous à chaque instant.
Votre pouvoir créateur a donné corps à l’illusion de la séparation, vous faisant croire que vous êtes uniques et séparés du reste de la création. Mais nombre d’entre vous arrivent à déchirer le voile de l’illusion et retrouvent le chemin qui nous réuni. Et ainsi que les choses doivent être, ils demeurent en moi comme je demeure en eux. »
Puis je sens la Présence se retirer doucement. Pendant ce laps de temps que je n’ai pas mesuré, l’énergie de cette Présence m’a apaisé et je suis dans une douce sensation de flottement. Je réalise alors que cette Présence vient d’utiliser mon corps ma bouche, mes cordes vocales pour parler, dire à haute voix ces paroles de sagesse et de paix. Je comprendrai par la suite qu’il était nécessaire que les sons sortent par ma bouche et que j’entende clairement ces paroles de façon à ce que je les enregistre bien pour en témoigner ultérieurement. J’ai encore cette sensation d’être entouré d’Amour et je sens une torpeur annonciatrice de sommeil m’envahir. Comme un dernier clin d’œil et alors que mes paupières se ferment, la Présence me fait prononcer ces derniers mots : « Wakan Tanka. » (le Grand Mystère).
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